(Séries Mania 7, 20 avril 2016 – Assises Européennes des séries TV)

« Les coproductions commencent autour d’un verre et finissent au tribunal » d’après Marco Chimenz (producteur chez Cattleya, Italie). C’est assez drôle pour être probablement vrai : il faut donc encadrer au maximum les procédures et les cessions de droits le plus finement possible.

D’une manière générale, 2 mots ont été répétés plusieurs fois lors de cette table ronde :

  • Indépendance
  • Créativité

 

Serait-il donc acquis que l’on ne peut avoir l’un sans l’autre ?

Parmi les problématiques évoquées :

  • Il faut que le financement / développement au niveau européen commence le plus tôt possible
  • Il faudrait développer des outils, comme par ex. un fonds européen pour la coproduction

 

Comment financer les séries en Europe ?
  • Mettre l’accent sur les producteurs indépendants
  • Encourager la créativité
  • Avoir moins de diffuseurs dans la « boucle »
  • Ne pas faire de distinction entre diffuseur linéaire et non linéaire dans les obligations de financements des programmes audiovisuels (selon Dariusz Jablonski, producteur au sein d’Apple Film (Pologne)
  • Trouver un juste équilibre entre les droits et le financement

Pour Danielle Kadeyan (Sofica), il n’y a pas assez d’argent dépensé pour la production des séries en France, contrairement à la scène internationale. Souvent recherché en début de projet, avoir un diffuseur à bord du projet ne semble plus être une obligation du financement : l’indépendance du producteur est la clé du succès.

Le budget de production peut être évidemment soutenu par la distribution (avec les pré-ventes et les perspectives de ventes).

Ex : Bordertown, distribué par Federation Entertainment. Un seul diffuseur en co-production (YLE, Finlande) ce qui a permis une grande indépendance dans la création.

Lucia Recalde (en charge du programme Creative Europe MEDIA, en Belgique) souligne que les productions doivent pouvoir « voyager » et être soutenues au niveau européen. Elle souhaite encourage les coproductions paneuropéennes. Les séries fiction peuvent se voir attribuer des subventions d’1M d’euros.

Par ailleurs, Marco Chimenz rappelle que « local is always better » : le succès inattendu de Gomorra à l’échelle internationale en est la preuve. Et lors de la diffusion en Italie, les audiences ont dépassé celles de Game of Throne ou House of Cards. On constatera d’ailleurs que Netflix investit de plus en plus dans des fictions « couleur locale », comme Marseille, par exemple.