L’animation française a été particulièrement à la fête cette année à Annecy. Le focus sur la France a fait la part belle à la production nationale, dans un contexte extrêmement dynamique où les deux importantes réformes entrées en vigueur au 1er janvier – modification du crédit d’impôt et réforme du Cosip – se traduisent en relocalisation d’emplois dans la filière et en création de studios en France.

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Les succès français – du Cristal attribué à Ma vie de courgette aux chiffres export de l’animation cinéma ou TV en passant par la réussite du « Plan Image » évoquée lors d’une table ronde par Jack Lang lui-même, qui l’a initié  il y a plus de trente ans, sans oublier la part enviable occupée  par la production hexagonale sur les chaînes diffusées en France justement saluée par Frédérique Bredin – ont connu une consécration avec la visite exceptionnelle du chef de l’Etat à Annecy et au MIFA.

L’écosystème ayant désormais toutes les cartes en mains, reste, pour le SPFA, à augmenter les volumes de production et à crever le plafond de verre des 300 heures d’animation télévisée produites chaque année afin de renforcer encore notre présence à l’international.

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TV France et le SPFA s’étaient associés pour demander à  4 acheteurs étrangers de donner leur vision de l’animation française et des défis qu’elle doit encore relever. Modérée par  Lana Castleman, la rédactrice en chef de Kidscreen, cette session a réuni Brenda Maffuchi  (DeAgostini), Orion Ross (Disney), Paula Taborda (Gloob) et Janine Weigold (Super RTL).

Parmi les succès récents cités :

Miraculous, diffusée ou achetée par Disney, Gloob et De Agostini. La série arrive dans le top 5, et parfois en première position, dans tous les territoires où elle est diffusée par Disney, y compris au Royaume-Uni  où l’animation est moins présente sur la chaîne. Elle a permis à Gloob de se renforcer le samedi, journée traditionnellement plus faible pour la chaîne, et de capter 25% de part d’audience au Brésil, à raison de 5 épisodes diffusés d’affilée;

PyjaMasques qui arrive également dans le top 5 des programmes Disney.

Bienvenue chez les Ronks (Disney), Angelo Rules dont les grands yeux sur-performent sur Super RTL, dans différentes cases et configurations (de 2 à 5 épisodes d’affilée), Alvinnn !!! et les Chipmunks sur Gloob, dont la moitié de la programmation est constituée de programmes français, ou encore, pour DeA Kids, Robin des bois et LoliRock (qui améliore de 30% la part de marché de la case).

Malgré l’inévitable difficulté de définir une « French touch », quelques raisons invoquées pour expliquer les succès de l’animation française : sans surprise, de bonnes histoires, des histoires uniques, des histoires qui savent résonner à l’international, la qualité de l’écriture, des personnages forts, une capacité à se renouveler et à proposer des univers différents plutôt que de reproduire des succès, la touche d’humour apportée aux séries d’action-aventure, des talents ouverts aux tendances internationales mais qui savent rester eux-mêmes, la certitude d’être livré en temps d’un programme conforme aux promesses. Et, pour Super RTL notamment, des séries reconduites sur plusieurs saisons qui peuvent s’inscrire dans la durée. Janine Weigold insiste également sur la notion de « story-telling » européen, moins axé sur les gags et l’humour qu’aux Etats-Unis et plus à même de séduire les téléspectateurs allemands.

Les panelistes sont naturellement plus réticents à identifier d’éventuelles faiblesses de notre production, mais relèvent des caractéristiques qui peuvent nuire à une carrière internationale de productions françaises : des séries trop bavardes, des séries trop sentimentales, des séries trop marquées par l’univers de bandes dessinées dont elles sont tirées quand elles n’ont pas de résonance à l’international, des séries où les spécificités culturelles ou sociales sont trop marquées.

Quant aux pistes pour améliorer encore la performance des séries françaises : l’écriture, encore et toujours. Renforcer l’écriture en atelier, sans pour autant adapter telles quelles les méthodes américaines, profiter d’un mode d’écriture collectif pour former les jeunes talents qui pourront ensuite assurer la continuité des séries, ne pas hésiter à s’entourer  d’auteurs américains ou anglais reconnus afin de garantir l’adéquation des séries avec les exigences de diffuseurs internationaux, travailler le plus en amont possible avec un partenaire international, consacrer le temps nécessaire au développement.

Paula Taborda a rappelé qu’elle fait régulièrement appel à des auteurs étrangers expérimentés pour animés des ateliers à destination d’auteurs brésiliens jugés pleins de talent et de créativité mais ne sachant pas toujours comment raconter les histoires dans un style qui puisse séduire à l’international

Pour terminer, un constat unanime qui promet pour l’avenir de la production française : tous les intervenants soulignent l’ouverture, la souplesse et la réceptivité des producteurs français pour s’adapter aux exigences de leurs partenaires étrangers.

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Revue de presse

French TV Animation: Producers Open New Production Facilities in France

French TV Animation: Major Hike in French Public Support Mechanisms in 2016

French TV Animation: Kids Shows’ VOD Sales Buoy Overseas Biz

French TV Animation: Top Shows at Annecy’s Mifa

Communiqué de presse SPFA & TV France International sur le succès des animations françaises aux USA

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