TVFI : Antoine Yvernault, vous avez été Attaché audiovisuel régional pour l’Afrique de l’est, puis pour l’Afrique centrale, quel a été votre parcours ?

AY : Ces deux postes ont succédé à une expérience professionnelle de plus de 20 ans au sein de Radio France Internationale, où j’ai occupé successivement des fonctions de producteur et de chef de service, incluant coopération, productions et coproductions, relations publiques, et organisations d’opérations extérieures incluant médias français et étrangers.

En poste à l’ambassade de France à Nairobi (2005-2010), puis à Kinshasa (2012-2016), j’ai mis en place des formations et des séminaires pour des professionnels des médias et du cinéma, ainsi que des rencontres professionnelles et des projections pour promouvoir les productions françaises.

En tant que consultant, je vais poursuivre dans cette direction, de même qu’orienter des réalisateurs et producteurs étrangers vers la France.

 

TVFI : Quelles sont les évolutions du secteur TV en Afrique centrale ?

AY : Les six pays que j’ai couverts pendant 4 ans, Congo, Gabon, RCA, RDC, Sao Tomé et Tchad, ont des situations très différentes, par exemple : une seule station à Bangui mais plus de 60 à Kinshasa ! Cependant on constate dans toutes les capitales et grandes villes de la zone que des efforts de professionnalisation sont en cours, comme pour la recherche et la création de programmes, dans tous les formats, aussi bien que pour une diffusion de meilleure qualité.

Cet élan est plus marqué en Afrique de l’ouest et de l’est, mais les dirigeants des tv d’Afrique centrale sont de plus en plus ouverts aux innovations. L’utilisation de plus en plus large de tablettes et de smartphones amplifie cette ouverture.

 

TVFI : Quelles sont les programmes les plus suivis en Afrique centrale ?

AY : Malgré l’absence d’instituts de sondage fiables, on peut dire que les séries tv et le sport sont les émissions les plus regardées, mais il y a une curiosité de plus en plus grande pour d’autres programmes : fiction, animation et documentaires.

 

TVFI : Lors du RV 2016, vous avez favorisé la venue de TV africaines à Biarritz, quel est votre regard sur cette participation ?

AY : Les responsables des stations de la RDC et du Tchad présentes à Biarritz se sont tous déclarés très satisfaits de l’accueil et des 3 journées de travail du RV, leur permettant de rencontrer de nombreux professionnels et de prendre la mesure d’un marché international attractif.

Compte tenu des 54 pays africains, dont 25 francophones, cette présence pourrait être beaucoup plus importante, car le passage progressif à la TNT sur le continent a déjà commencé à entraîner une meilleure professionnalisation. C’est notamment le cas de l’amélioration inéluctable de grilles de programmes, à rendre de plus en plus attractives dans un secteur audiovisuel très compétitif. En outre, l’augmentation importante des PIB de beaucoup de ces pays va accroître les marchés publicitaires.

Les professionnels africains reconnaissent volontiers la grande qualité des secteurs audiovisuels en France, ce qui crée un pouvoir d’attraction réel. Il doit être possible d’en tirer parti, en prenant bien en compte les besoins et attentes des tv africaines, dans le cadre de nouveaux partenariats.