De nombreux adhérents de TV France International ont participé au Hot Docs à Toronto, le plus grand festival de documentaires d’Amérique du Nord, du 27 avril au 7 mai dernier.

Cette année, plus de 215 000 spectateurs ont pu voir 228 documentaires venus de 58 pays, et réalisés à 48% par des femmes. Il y a quelques années, les organisateurs se sont fixés l’objectif d’arriver à une parité entre le nombre de réalisateurs et de réalisatrices. Ils y sont presque. Tant dans son palmarès que dans sa programmation, bien qu’éclectique, on ressent ce qui meut le monde: situation des sans-papiers et des migrants, luttes contre les inégalités et les injustices, défense des droits des femmes et des minorités.

A l’heure où l’on a parlé de construire un mur entre les Etats Unis et le Mexique lors de la dernière campagne présidentielle aux USA, le grand prix du festival de la sélection internationale a été remis à un documentaire mexicain The Other Side of the Wall sur la vie de deux jeunes honduriens sans papiers dont la mère a été arrêtée au Mexique.

A Cambodian Spring, un film sur la lutte de militants contre l’expropriation de pauvres au Cambodge a reçu le prix spécial du jury de la sélection internationale.

Le norvégien Egil Håskjold Larsen est le lauréat du prix du documentariste émergent pour son film 69 Minutes of 86 Days sur le parcours de réfugiés syriens en Europe depuis leur arrivée en Grèce à leur installation en Suède.

Le prix du meilleur documentaire canadien a été remis à Unarmed Verses une chronique sur la façon dont une jeune fille vivant dans un quartier populaire de Toronto trouve sa voie grâce à la musique, et celui du prix spécial du documentaire canadien à Resurrecting Hassan, un film sur la vie d’une famille chantant dans le métro de Montréal dont les parents sont aveugles et le fils autiste.

De nombreux documentaires français étaient projetés comme :

Diamenteurs (produit par Les Films Sauvages et distribué par Manifest) : Un joaillier raconte à ses enfants l’histoire du diamant. Une mise en perspective existentielle de l’histoire de la pierre précieuse, soutenue par la voix d’un conteur prompt à digresser.

La dernière plage  (distribué par Wide House): Au Pedocìn, plage populaire de Trieste, hommes et femmes sont séparés par un mur de béton. Bienheureux dans l’entre soi, chacun amène sa vie avec lui et nourrit ce lieu unique et pittoresque. Réflexion sur les frontières, les identités et les générations, L’ultima Spiaggia est une tragi-comédie sur la nature humaine.

L’arbre sans fruit (distribué par Point du jour International) : Mariée et sans enfant, Aïcha se trouve dans une situation « hors norme» dans son pays où le statut marital somme le couple d’enfanter le plus vite possible. Mais au Niger comme ailleurs, il y a des problèmes d’infertilité et ils ne sont pas toujours du fait de la femme… À partir de son histoire personnelle, questionnant sa propre mère morte en couches, la réalisatrice explore avec délicatesse les souffrances cachées des femmes et tente de briser quelques tabous.

Copyright: Les films du Balibari

The Grown-Ups : Depuis longtemps, Anita, Rita, Ricardo et Andrés fréquentent une école pour enfants affectés par le syndrome de Down. Dans ce milieu protégé, auquel leurs familles se sont adressées pour qu’ils puissent parcourir la vie d’une façon sûre et tranquille, ils ont rencontré d’autres enfants comme eux et appris, entre autres, à devenir pâtissiers. Maintenant, ils doivent se battre pour trouver un travail et gagner leur vie comme tout le monde, apprendre à prendre soin d’eux-mêmes et faire qu’à leurs 50 ans passés, les gens ne les considèrent plus comme des enfants. Ils feront tout pour que personne n’interfère avec leurs rêves d’adultes.

Gusla ou les malins (Distribution Sève Films) : Adrienne retourne voir sa grand-mère dans sa Pologne natale pour interroger sa famille sur le communisme. Dans l’intimité de la cuisine de son oncle et sa tante, elle découvrira que les fantômes communistes ne sont pas les seuls à hanter l’imaginaire polonais, mais que des moyens inattendus et ancestraux ne manquent pas pour y faire face.

Les vies de Thérèse (Distribué par Doc & films International) : Thérèse Clerc est l’une des grandes figures du militantisme français. Du combat pour l’avortement à l’égalité des droits entre les hommes et les femmes en passant par les luttes homosexuelles, elle a été de toutes les batailles. Elle apprend aujourd’hui qu’elle est atteinte d’une maladie incurable et décide de jeter un dernier regard tendre et lucide sur ce que fut sa vie, ses combats et ses ses amours.

Maman Colonelle (Distribué par AndanaFilms) : La Colonelle Honorine travaille au sein de la police congolaise où elle est chargée de la protection des enfants et de la lutte contre les violences sexuelles. Alors qu’elle travaille depuis 15 ans à Bukavu, à l’est de la RDC, elle apprend qu’elle est mutée à Kisangani. Sur place elle se trouve face à de nouveaux enjeux. A travers le portrait de cette femme d’un courage et d’une ténacité hors du commun qui lutte pour que justice soit faite, le film aborde la question des violences faites aux femmes et aux enfants en RDC.

Zaineb n’aime pas la neige : 2009. Zaineb a neuf ans et vit avec sa mère et son petit frère à Tunis. Son père est décédé dans un accident de voiture. Sa mère s’apprête à refaire sa vie avec un homme qui vit au Canada. On a dit à Zaineb que là bas elle pourra enfin voir la neige! Mais elle ne veut rien savoir, le Canada ne lui inspire pas confiance et puis Zaineb n’aime pas la neige. Couvrant six ans de la vie de la petite Zaineb et sa de famille en complète mutation, Zaineb n’aime pas la neige est l’histoire d’une initiation à la vie, au monde des adultes racontée à travers les yeux d’un enfant qui grandit physiquement et mûrit émotionnellement.

Wiinie : long métrage de Pascale Lamche co-produit par ARTE sur Winnie Madikizela Mandela, la seconde épouse de Nelson Mandela personnalité politique mondialement célèbre dont l’ascension et la chute tissent une véritable tragédie épique et dont la trajectoire radicale riche en faits d’armes et en zones d’ombres tend un miroir révélateur sur l’Afrique du Sud contemporaine.

Ce festival a aussi un volet marché Hot Docs industry, qui a réuni plus de 2650 délégués de l’industrie du documentaire d’ici et d’ailleurs, qui prennent part à un large éventail d’évènements favorisant la formation, les échanges et le partage de connaissances. Avec des programmes intensifs d’ateliers professionnels – conférences, Distribution rendez-vous, micro meeting, close-up with– tout est mis en œuvre pour stimuler le développement de partenariats, faciliter les co-productions entre producteurs du monde entier et stimuler le dialogue entre les cultures.