Le paysage télévisuel chinois né il y a à peine une trentaine d’années compte aujourd’hui le tiers des téléspectateurs de la planète et près de 1 300 chaînes de télévision.

Mais cet eldorado reste encore en grande partie inaccessible aux contenus et  investisseurs étrangers.

Brigitte Veyne, Attachée Audiovisuelle auprès de l’Ambassade de France en Chine, fait le point sur la réglementation TV et Internet en vigueur sur les contenus étrangers.

Le paysage audiovisuel chinois présente en effet les caractéristiques suivantes :

1/ Fortement réglementé et sous contrôle des autorités de régulation et de censure, qui jouent un rôle considérable pour l’agrément des contenu étrangers ayant des ambitions sur le marché chinois.

En général les programmes étrangers doivent promouvoir des comportements civiques et moraux traditionnels et éviter les sujets politiques (interdiction en particulier de faire référence à toute implication de la Chine dans un conflit après 1949…).

Pour plus d’information voir l’article de Sophie Cupillard sur le Mag La censure chinoise se complexifie (20 mai 2016).

Tout programme de fiction étranger doit obtenir l’aval de la SAPPRFT, Bureau d’état de la presse, de la publication, de la radio, du cinéma et de la télévision, qui peut refuser le contenu ou demander des coupures.

Un espoir pour le documentaire, depuis une régulation qui en impose 30 minutes quotidiennement à l’antenne des chaines satellitaires et nationales. La production locale de documentaires est actuellement en hausse et des coproductions pourraient se développer sur ce genre.

2/ Fermé : avec une limitation drastique du nombre de programmes (et de concepts) étrangers pouvant être diffusés. Les diffuseurs chinois ne sont autorisés qu’à 15% de programmes étrangers, qui doivent être proposés en dehors des heures de forte audience (donc hors prime time, avant 19h et après 22h).

3/ Côté Internet, la relative liberté de diffusion qui existait sur Internet pour les programmes étrangers de fiction, a disparu depuis janvier 2015. Les plateformes vidéo sont en effet également depuis cette date soumis à des quotas (30% en matière de fiction internationales), et les films, séries et téléfilms doivent passer la censure.

Internet a pendant un temps été un espace de relative liberté, avec une prévalence du streaming (de séries et émissions étrangères notamment) et une augmentation importante de la consommation VàD entre 2012 et 2015, ce qui avait conduit les géants du net chinois à acheter les droits de centaines de séries américaines, britanniques et coréennes. Face à la baisse générale des audiences télévisuelles qui en a résulté, les autorités n’ont pas tardé à mettre en place de nouvelles restrictions.

4/ Enfin dans le contexte actuel de renforcement du contrôle des médias étrangers par les autorités chinoises, l’ensemble des mesures actuellement en vigueur limite fortement l’accès de nouveaux diffuseurs étrangers au marché chinois et rend très difficile le développement des médias déjà implantés.

TV5 Monde, seule chaine française autorisée depuis 2002, est diffusée par le satellite APSTAR 6 avec la chaîne Eurosport News (diffusée en anglais) uniquement dans les hôtels et résidences pour étrangers et les universités où le français est enseigné. France 24, RFI et MCD n’ont pas d’autorisation légale de diffusion en Chine.

Pour consulter l’ensemble de la note réalisée par Brigitte Veyne, cliquer ici en mode connecté.

Sur le cinéma, voir également l’article paru dans inaglobal, Le cinéma français a-t-il une chance en Chine ? (Axel Scoffier, 08/01/2016, remis à jour 10/02/2016).