La troisième édition du MIA, le marché international de l’audiovisuel et du cinéma, s’est déroulée du 19 au 23 octobre dans un contexte particulièrement porteur pour l’industrie italienne.

Lancée depuis un an, et largement inspirée du modèle français, la nouvelle loi sur l’audiovisuel a franchi une étape importante en étant approuvée par l’exécutif italien début octobre (il lui reste encore quelques étapes législatives à franchir avant qu’elle ne s’impose).  Elle aura des conséquences profondes sur le secteur, avec notamment :

la création d’un fonds de plus 400m€ pour le soutien à la production audiovisuelle et cinématographique italienne, dont la répartition reste encore à préciser

un nouveau quota de 55% de films et fictions européens, qui sera porté à 60% en 2020, dont un tiers de programmes italiens. De manière plus générale, la priorité sera donnée aux œuvres nationales (films, fictions, documentaires, animation) aux heures de grande écoute (18h-23h). La RAI serait tenue de consacrer 12% de sa grille à des programmes

Les opérateurs non-linéaires, Amazon ou Netflix en tête, seront soumis aux mêmes obligations, conformément aux nouvelles règles européennes.

L’autorité de la communication pourra imposer de lourdes amendes (5m€ ou 2% du chiffre d’affaires).

– de nouvelles obligations en matière d’investissement dans la production indépendante d’ici 2020 : 20% pour la RAI (contre 15% actuellement) et 15%pour les diffuseurs privés (contre 10% actuellement).

Le soutien des pouvoirs publics au secteur se traduit aussi dans l’organisation du MIA, doté de moyens importants cette année. Le marché a attiré plus de 1 500 participants, dont une imposante délégation française, la France ayant été mise à l’honneur de l’édition 2017 (pour le cinéma).

Du côté du long métrage, le MIA offre un marché classique avec ses espaces de rendez-vous structurés et de networking dans des cadres prestigieux (magnifique palais-musée Barberini,  hôtel Bernini attenant), ses screenings ou ses séances de pitchs, avec notamment un « A suivre France », pendant du « What’s Next Italy », présentant 3 films français en post-production.   Pour nombre d’exportateurs, le MIA peut avantageusement s’inscrire dans le calendrier, en remplacement du défunt et regretté MIFED.

En raison certainement de la proximité du mipcom, la partie marché est moins structurée pour l’audiovisuel où les espaces de networking permettent des rendez-vous plus informels. Les trois grands genres, (fiction, documentaire, animation) sont abordés à travers des tables rondes ou des séances de pitchs, sans oublier les upfronts italiens.

Si la clientèle est internationale, avec notamment des participants américains de haut niveau sur le chemin du retour du mipcom, l’industrie italienne est particulièrement bien représentée. TV France étant régulièrement sollicitée par ses adhérents au sujet d’une opération à destination de l’Italie, la question mérite d’être posée de l’organiser au sein du MIA à condition de pouvoir y attirer plus d’acheteurs italiens pour l’instant moins présents que les responsables de programmes ou les producteurs indépendants.  Le soutien des pouvoirs publics au MIA et l’implication de l’industrie italienne plaident en ce sens, même si le handicap des dates n’est pas à négliger.