Pour sa quatrième année à Miami, le Kidscreen Summit a atteint un nouveau record de participation, en franchissant la barre des 2000 accrédités. Avec un programme de conférences plus resserré, et une surface d’exposition qui s’étend à travers un nombre croissant de suites privatisées, la manifestation penche de plus en plus vers un format marché, où les  participants enchaînent les rendez-vous toutes les demi-heures, et conforte son statut d’événement incontournable.

Cette année encore, une centaine de professionnels français avaient fait le déplacement, dont près de la moitié accrédités par le biais de TV France, et 17 sociétés présentes dans le corner français, l’une des quatre seules ombrelles nationales structurées avec le Royaume-Uni, le Canada et la Corée. Ils ont pu y rencontrer les principaux diffuseurs, plateformes SVOD, producteurs et acteurs du licensing en provenance d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud essentiellement. Malgré la croissance du Kidscreen, ces interlocuteurs restent encore facilement accessibles.

Au-delà du marché lui-même, le contexte semble plutôt porteur pour le secteur de l’animation, et de l’animation française en particulier, avec une demande de programmes et des investissements massifs des opérateurs de SVOD, ou encore un intérêt accru des investisseurs pour ce secteur. Bien sûr, les diffuseurs traditionnels à travers la planète sont à la peine pour accrocher et fidéliser les publics jeunes et adolescents, qui, néanmoins, voient toujours dans les contenus audiovisuels la première source de détente (cf l’étude de Viacom Kids of the World menée auprès de 6000 jeunes de 6 à 11 ans de plus de 30 pays). Même s’ils les consomment de préférence en OTT, et en multi-tâche, avec 41% des 6-11 ans  équipés d’une tablette, 37% d’un smartphone et 76% utilisant plus d’un terminal à la fois. Sans oublier les réseaux sociaux où 44% d’entre eux disposent déjà d’un compte, toujours selon la même étude.

L’approche globale des diffuseurs traditionnels incluant la création de plateformes OTT porte néanmoins ses fruits, tout en complexifiant évidemment la gestion des droits d’exploitation des programmes : sur l’iplayer de la BBC, les programmes jeunesse ont dépassé 1 milliard de vues l’an dernier, soit environ un tiers de la consommation totale du service. En Scandinavie, où Netflix est pourtant bien installé, l’offre délinéarisée de la NRK arrive en deuxième position en Norvège, derrière Youtube, mais devant Netflix, tandis qu’YLE Areena domine la consommation délinéarisée en Finlande. A noter tout de même, un doublement de la consommation lorsque la NRK a offert au jeune public une expérience utilisateur propre, plutôt que l’UX générique des services de la chaîne, signe de la sophistication croissante requise pour toucher ces cibles.