Le colloque « Circulez, il y a tant à voir » opus 4 organisé par le SEDPA, le syndicat des entreprises de distribution de programmes audiovisuels, à la Maison de la Radio le 25 septembre dernier a été un franc succès. Marie Ménard revient sur cette riche journée consacrée à l’avenir de la création audiovisuelle française.

 

 

L’entretien

 

TV France International : Votre colloque « Circulez, il y a tant à voir » opus 4 vient de s’achever à la Maison de la Radio (Paris) le 25 septembre dernier sur les enjeux actuels du secteur de l’audiovisuel. Que retenir de cette journée ?

Marie Ménard : Les précédentes éditions étaient axées sur le rôle de distributeur. Cette année, l’idée était de réunir différents acteurs du métier autour de problématiques qui concernent l’ensemble de la profession pour engager une réflexion collective sur les nouveaux enjeux et les nouvelles opportunités dans un secteur en pleine mutation, liée notamment à l’arrivée des nouveaux acteurs du numérique.

 

TV France International : Vous avez accueilli un public varié et nombreux, près de 200 personnes – producteurs, distributeurs, chaînes, institutionnels, étudiants, journalistes généralistes et professionnels – C’est un beau succès !

Marie Ménard : effectivement, nous sommes ravis car le public était au rendez-vous. Ce succès tient autant des thématiques abordées que des personnalités influentes qui ont su mener un débat riche et passionné. Le SEDPA a souhaité faire participer une large diversité d’intervenants issus de la distribution, de la production, des chaînes de télévision, du monde de la création et même des plateformes, avec leurs expertises propres. Cela a permis d’aborder différents sujets notamment la création et le financement des œuvres, les droits numériques et la régulation du secteur audiovisuel.

 

TV France International : Quelles ont été, selon vous, les raisons de cette belle réussite ?

Marie Ménard : C’est tout d’abord lié à l’implication des adhérents du SEDPA qui ont été présents du début à la fin de l’événement : du choix des thématiques, des intervenants et des partenaires (TV France International, Accuracy, Radio France), à la communication autour du colloque… un vrai projet collectif et fédérateur !

De plus, nos partenaires TV France International et Accuracy nous ont, en plus d’une aide financière, apporté leurs compétences. Hervé Michel, le Président de TV France International a ouvert le colloque en présentant les très bons chiffres 2017 à l’export et Accuracy a participé à la présentation de l’étude numérique du SEDPA.

Le timing a aussi joué dans le succès de cette 4ème édition de « Circulez, il y a tant à voir » puisqu’elle s’est tenue entre le festival de la fiction TV à La Rochelle où se sont déroulés des débats engagés autour du numérique et la remise du rapport d’Aurore Bergé sur la nouvelle régulation de l’audiovisuel à l’ère numérique. Il y avait donc une véritable effervescence autour des sujets abordés lors des tables rondes de notre colloque.

 

TV France International : Le colloque s’est articulé autour de deux tables rondes, quelles ont été les thématiques abordées ?

Marie Ménard : « collaborer » et « encadrer » étaient les maîtres-mots de ces deux tables rondes.

La première table ronde – « Création française : pourquoi faut-il jouer collectif ? »- présidée par Christophe Tardieu -Directeur général délégué du CNC – questionnait sur l’avenir de la création en France dans un contexte marqué à la fois par une réduction du budget dans le financement des œuvres et d’excellents chiffres à l’export. Il est essentiel de prendre conscience de l’importance de coopérer. Le financement des œuvres, la rémunération des ayants droits, la vitalité de l’industrie audiovisuelle et notre aptitude à faire face à la concurrence internationale en dépendent.

La seconde table ronde – « Face au virage du numérique : quelles nouvelles règles du jeu ?»- était présidée par Aurore Bergé, rapporteure de la mission d’information sur la nouvelle régulation de l’audiovisuel. Au cœur du débat : la régulation du secteur face à l’émergence de nouveaux acteurs du numériques. La réflexion tournait autour de la mise en œuvre d’un écosystème vertueux qui reposerait sur le respect du rôle et des enjeux des différents acteurs connaissant chacun leurs contraintes d’audience, de visibilité et de rentabilité.

 

TV France International : Les débats ont particulièrement été agités par la question « Netflix ou pas Netflix ».

Marie Ménard : Il est vrai que les plateformes, et particulièrement Netflix, ont été au cœur des échanges. Netflix entretient une relation passionnelle avec les différents acteurs de la filière : entre nouvelles opportunités pour la création française, et menaces pour le secteur audiovisuel sur le long terme, les avis sont tranchés. Effectivement, si l’arrivée de ces acteurs peut apporter de nouvelles ressources financières (ventes et pré-ventes), certains ont exprimé leurs craintes face à un Netflix tout puissant qui tendrait à avoir un contrôle sur toute la chaîne de valeur. Dans ce contexte, le rôle du distributeur est central et déterminant : son expertise permet de faire circuler les programmes audiovisuels français afin qu’ils soient le plus visibles et le plus rentables possible. C’est donc de son ressort d’arbitrer au cas par cas le choix des programmes vendus aux plateformes.

Pour télécharger le programme :

Programme