Non, la progression actuelle des ventes de fiction française n’est pas le fait de quelques diffuseurs !

 

Dans quelques jours, le Content London va réunir conférences, tables rondes et networking sur le thème de la fiction. Nombre de nos membres seront présents durant les trois jours de la manifestation.

Autour de la fiction, on observe depuis quelques années une polarisation de talents, d’innovations en matière de production et d’intérêt massif de la part du public. L’analyse future de nos métiers dira peut-être que quelque chose de déterminant en matière de télévision et de contenus a changé à partir des années 2000. On sait que la consommation de ce genre a bondi de manière formidable, initiée, soutenue et solidement relayée par les diffuseurs linéaires et boostée par les nouveaux usages et les plateformes notamment.

Aujourd’hui, l’intérêt des professionnels et du public à l’endroit de la fiction, partout dans le monde, est considérable.

Cet engouement se traduit par des chiffres d’audience très significatifs et, nous l’observons chez TV France au travers des résultats de vente de notre fiction française à l’export.

La parution en septembre dernier des chiffres export montre que ces ventes de fiction ont progressé de 28% en un an atteignant 63,7 M€. C’est un accroissement continu depuis 7 ans et un triplement au cours des 5 dernières années que nos chiffres révèlent.
Le rapport sur « l’exportation des programmes audiovisuels français en 2017 », publication CNC / TV France, est disponible ICI. Rappelons qu’il est établi à partir de plus de 150 déclarations de CA d’exportateurs, membres ou non de TV France, compilées et analysées avec le service des études du CNC.

La question que l’on entend aujourd’hui, est de savoir quelle place et quel rôle les plateformes de diffusion internationale tiennent exactement dans cette progression, certains allant même jusqu’à soutenir que le développement de nos exportations serait majoritairement l’effet d’un ou deux de ces nouveaux acteurs, plateformes notamment, dont on devine très vite bien entendu le nom…

Commençons déjà par rappeler ce que nous entendons par vente de droits monde. Ce sont les ventes à tous diffuseurs digital ou linéaire couvrant une exploitation pour le monde entier. A ne pas confondre avec des ventes multi-territoires ou régionales et à ne pas assimiler non plus à de la vente de droits VOD/SVOD/AVOD qui peut être nationale ou régionale et exceptionnellement mondiale pour quelques très rares plateformes.

En effet, les plateformes de vidéo à la demande sont aussi des plateformes régionales, avec des marques souvent moins connues du grand public, comme Movistar (Espagne), Walter presents (UK/US), Shudder (US), HBO Now (US), Bilibili (Chine), ViaSat, etc. qui permettent à nos fictions de faire le tour du monde des publics.

 

Cela posé, revenons aux chiffres de la fiction de notre rapport.

La progression du chiffre d’affaires total à l’exportation de fiction entre 2016 et 2017 est de +13,9 M€ la portant à un total de 63.7 M€

Les ventes monde de fiction, majoritairement effectuées à des plateformes mondiales de vidéo à la demande, représentent en 2017 8 M€. Elles ont quasi triplé par rapport à 2016 (2,8 M€) cependant cela ne représente « que » 12,6 % du total exporté de 63,7 M€, soit +5,2 M€ sur un progression totale de +13,9 M€

Vendre à une plateforme de vidéo à dimension mondiale n’est pas l’alpha et l’omega du succès de l’exportation de fiction. Il reste nécessaire de s’adresser à une multitude de diffuseurs digitaux ou linéaires, à couverture nationale, régionale, internationale ou mondiale.

Qui mieux que le distributeur de programmes et de contenus pour cela ? Il est celui qui repère la bonne plateforme en Asie ou ailleurs ou encore le diffuseur linéaire le mieux positionné pour mettre en avant le programme ou le contenu TV qui lui a été confié. Il est donc le tiers de confiance dans la chaîne de valeur pour optimiser et exposer au mieux les programmes à l’international.