La 8ème édition du Discop Joburg s’est tenue du 20 au 22 novembre au Sandton Convention Center de Johannesburg.

TV France International y a organisé une ombrelle française qui a accueilli 7 sociétés de distribution : Ampersand Fiction, Cyber Group Studios, Federation Entertainment, Gaumont, Mediatoon Distribution, Superights et ZED. L’espace du stand français était également partagé avec TV5 Monde et France 24.

Le stand de TV France International au Discop Joburg 2019

Côté exposants, très clairement moins de « gros » stands que les années précédentes : demeurent encore ceux de Multichoice, de Côte Ouest, une grande ombrelle chinoise, et les pavillons de la BBC, de quelques distributeurs sud-américains, turcs et en provenance de bollywood.

Côté fréquentation acheteurs, un marché très calme. 179 acheteurs référencés une semaine avant le marché (220+ l’étaient à l’édition 2018 du DISCOP Joburg), tandis que Basic Lead, la société organisatrice de l’évènement, a communiqué sur une liste finale de 928 participants (contre 1 155 en 2018), dont :

Catégories Nombre
Acheteurs 191
Exposants 282
Producteurs 225
Visiteurs et presse 180

La dernière édition du DISCOP Joburg ne semble donc pas avoir convaincu et l’équipe responsable de l’organisation ne peut que constater une baisse de la fréquentation.

A sa décharge, la grève de la South African Airways, a beaucoup compliqué l’arrivée de participants confirmés, certains, contraints à l’annulation, d’autres, n’étant parvenus à destination que le second, voire le troisième jour du marché. La vague de violences xénophobes qui a secoué l’Afrique du Sud il y a quelques semaines, aurait également limité cette année, pour des raisons de sécurité, la taille de la délégation nigériane.

L’édition 2019 du Discop Joburg était placée sous de la télévision linéaire et en clair, pour célébrer notamment l’apport au paysage audiovisuel continental des radiodiffuseurs publics. En effet, ces derniers restent les principaux pourvoyeurs d’émissions gratuites activement regardées par 85% des audiences du continent, les télévisions aux business model axés sur la publicité restant fortes sur ce territoire. « Pour la grande majorité des fournisseurs de contenu, l’essentiel de l’activité se situe encore dans le secteur de la télévision traditionnelle », indique Patrick Zuchowicki, le PDG de Basic Lead.

Même si le secteur de la télévision payante se consolide véritablement sur le continent, ce n’est pas l’eldorado attendu et la fermeture cette année de Kwesé / iflix (Econet Media), qui va  rejoindre un cimetière déjà important de plateformes défuntes (GTV, Trend TV, Consat, TOP TV, actv, MyTV, etc.), marque quelque peu la fin d’une bulle qui a éclaté, laissant au nombre des survivants : StarTimes (Chine), Azam TV (Tanzanie), Openview HD (Afrique du Sud), ou encore Bamba TV (Kenya).

Sur la VOD, les gros players : Showmax (Naspers), IrokoTV (Nigéria), Netflix, dominent désormais le marché, alors que des plateformes SVOD telles que Altron Node, Vidi (Times Live), OnTapTV, Kwesé Play ou MTN VU, ont disparu.

L’édition 2019 du Discop Johannesburg a permis de rencontrer :

  • Les acteurs sud-africains habituels : SABC, e.tv, Showmax,
  • Quelques diffuseurs linéaires anglophones : DTV1 (Ghana), TVC Entertainment (Nigéria), MCL TV Network (Nigéria), Kopala TV (Zambie), Switch TV (Kenya),
  • Les chaînes publiques francophones : RTB (Burkina Faso), RTS Sénégal, RTI (Côte d’Ivoire).

Parmi les nouveaux venus :

  • Sur la télévision payante : Ndzheko TV (Afrique du Sud), Midas Broadcasting (Kenya),
  • Ainsi qu’un représentant de la plateforme VOD factuelle américaine, CuriosityStream, présent à Johannesburg pour le lancement d’une chaîne linéaire sur DSTV (Multichoice).
Le stand de TV France International au Discop Joburg 2019

Au programme des panels et des rencontres, toujours sur le thème de la professionnalisation du secteur africain de l’audiovisuel, ont été organisées des sessions thématiques portant sur les stratégies de monétisation du contenu, l’industrie en plein essor de l’animation, l’importance de l’arrivée du eSport sur les écrans de télévision, l’importance du doublage pour exporter le contenu africain, le contenu de marque et la lutte contre la désinformation. La première journée, notamment, a été dédiée à 4 panels qui ont discuté de : « ce que veulent les acheteurs », « la valeur de l’animation africaine », « l’exportation de contenus africains vers le monde », ou « la stratégie gagnant-gagnant pour exporter les films africains ».

Le Discop Joburg a également été l’occasion d’échanges avec l’attachée audiovisuel régionale sur l’Afrique australe (Afrique du Sud, Botswana, Lesotho, Madagascar, Mozambique, Namibie et Zambie), Erika Denis, qui modérait une session consacrée aux « opportunités du marché de l’audiovisuel sur le territoire sud-africain », ainsi qu’avec l’attaché audiovisuel basé au Nigéria, Yoann Talhouarne, qui a évoqué l’amorce d’une petite ouverture du marché nigérian à certains types de contenus étrangers.

Les dates des prochaines éditions des DISCOP ont été communiquées :

1/ le DISCOP Abidjan – 27 au 29 mai 2020,

2/ Suite à l’annulation du DISCOP MENA 2019 (qui devait avoir lieu du 16 au 18 décembre au Caire en Egypte), l’édition 2020 est annoncée pour les 14, 15 et 16 juin prochain à Abu Dhabi.

3/ Enfin, un changement de taille pour le prochain DISCOP Joburg, annoncé pour les 29, 30 et 31 juillet prochains au lieu de novembre.

Parmi les raisons avancées par les organisateurs pour ce nouveau calendrier :

  • Des mois d’octobre et de novembre chargés pour des clients très sollicités par ailleurs sur le MIPCOM ou le MIP Cancun,
  • Un mois de juillet qui se prête mieux aux acquisitions de contenu que la fin de l’année quand les budgets sont épuisés. Par ailleurs, les saisons étant inversées en Afrique du Sud, décembre et janvier sont les mois de grandes vacances d’été des Sud-Africains (qui représentent 75% des achats), ce qui, dans le cas de novembre, reporte souvent toutes les discussions à près de 2 mois après la fin du salon.
  • Enfin, un rapprochement des marchés d’Abidjan et Joburg, ce qui permettrait de dynamiser les relations entre l’Afrique francophone et l’Afrique Anglophone.

Il n’est pas certain que ces arguments convainquent, alors que fin juillet est inversement une période de vacances pour de nombreux pays en Europe ou en Afrique francophone… De plus, suite aux échanges notamment avec les représentants des diffuseurs publics de Côte d’Ivoire ou du Sénégal, il parait difficile pour eux de faire deux déplacement si rapprochés : soit participer au Discop Abidjan puis se rendre deux mois après à Johannesburg.

A suivre donc !