En ces temps difficiles, où la pandémie de Covid-19, qui touche maintenant la quasi-totalité du globe, nous affecte tous, nous avons sollicité quelques acheteurs et attachés audiovisuels pour savoir comment ils se réorganisaient, quel était l’impact de la crise sur leurs territoires et leurs activités professionnelles, notamment en terme de diffusion et de contenu, et, bien sûr, les inciter à utiliser ou recommander les outils mis à leur disposition par TV France International (Screenopsis / LeGuide app).

Voici leurs retours :

Baptiste Bertin, Acquisitions, ContentScope / Eyz Media (Allemagne, 26 mars)

Depuis Berlin, en date du 26 mars, où le confinement n’est pas total, même si les habitants sont toutefois invités à rester chez eux, et les regroupements de plus de 2 personnes, interdits :

« Nous sommes, comme beaucoup, affectés par la situation mais arrivons jusqu’à maintenant à contenir les complications sur notre activité, bien que les choses prennent plus de temps que d’habitude. Nous sommes en effet dans la dernière ligne droite avant la sortie de la nouvelle plateforme, dont le nom sera dévoilé officiellement prochainement, et qui sera lancée début mai 2020 sur les territoires germanophones et, au même moment, au Benelux, ainsi que plus tard dans d’autres pays européens.

Nous mettons donc en place notre offre SVOD pour la sortie de la plateforme, qui regroupera les anciens catalogues d’universcine.de, de realeyz.de ainsi que de nouvelles acquisitions, comme les séries.

L’équipe travaille actuellement et dans sa quasi-globalité en télé travail. Nous faisons un standup par Slack quotidiennement et utilisons cet outil pour nos échanges. Nos recherches de contenu dans cette situation si particulière ne varient pas concrètement à ce stade. Nous serons par contre automatiquement impactés par le décalage de nombreuses sorties en salles, ainsi que les probables retards sur les livraisons de matériel.

Nous continuons à utiliser les outils pour les acquisitions tel que Screenopsis et les plateformes des ayant-droits. »

Elisabetta Spinelli, Achat & Programmation Fiction (longs-métrages & téléfilms), RSI (Suisse, 26 mars)

« Nous travaillons à la maison depuis deux semaines car la situation ici au Tessin est assez délicate (nous vivons tout près de l’Italie). Notre secteur fiction est beaucoup sollicité à cause du changement continuel de la grille de programmes (événements sportifs annulés et programmes de production interrompus). J’espère vraiment que nous pourrons tous nous revoir à Biarritz. »

Frédéric Zimmermann, Acheteur pour l’émission « Temps Présent », RTS (Suisse, 26 mars)

« Je travaille en partie à la maison et à l’entreprise. Nous sommes tenus de travailler le plus possible à la maison et nous sommes confinés, comme en France, avec moins de restrictions cependant. La situation est mauvaise. Le nombre de morts par habitants est élevé. 150 morts pour l’instant pour 8.5 millions d’habitants. Nous avons dû réorganiser toute la prod. De la chaîne, ainsi que celle de l’émission. Nous essayons de diffuser le plus de choses sur le coronavirus, ce qui a chamboulé toute la programmation. L’avenir est incertain et on navigue à vue au jour le jour. »

Des nouvelles rassurantes de l’équipe acquisition de la télévision publique croate (HRT), Lidija-Katarina Matancevic, Branka Papic, Mira Vocinkic et Zvjezdana Djuranek, ainsi que de Ranka Horvat, acheteuse pour la plateforme de streaming Pickbox.

Zagreb a, en effet, été frappé le 22 mars au matin par un séisme de magnitude 5,3, provoquant d’importants dégâts matériels et s’ajoutant à la pandémie (Croatie : un séisme frappe Zagreb et fait d’importants dégâts matériels, www.lemonde.fr, 22/03/2020).

Tout le monde va bien, même si des répliques se faisaient encore sentir, plusieurs jours après la secousse initiale.

Zuzana Kopeckova, Editor Feature Films & Series et Marie Tomkova, Acquisition Executive, Ceska Televize (République tchèque, 31 mars)

« Nous travaillons au régime home office, mais plusieurs de nos collègues doivent être au travail pour assurer les missions de service public de la Ceska Televize. Tout va bien grâce à notre équipe technique.

Les studios de doublage ne travaillent pas, à l’exception d’un ou deux programmes pour les enfants.

La télévision publique tchèque diffuse chaque jour des leçons pour les écoliers pour aider aux parents. Elle a également créé un programme à destination des seniors qui propose du contenu d‘archives, des conseils et de l’information, ainsi que les directives du gouvernement tchèque qui  figurent sur tous les sites officiels. »

Pour en savoir plus :

En République tchèque, la télévision publique prend le relais des écoles fermées (www.courrierinternational.com, 16/03/2020).

Czech TV to Launch New Channel (www.broadbandtvnews.com, 19/03/2020)

Klara Barabas, Program Manager – Film Dept, MTVA (Hongrie, 26 mars)

« Tous mes collègues du département du film travaillent à la maison en télé-travail grâce à un outil VPN, qui permet un accès au serveur du diffuseur, donc de visionner les films et surveiller la version hongroise des films. En revanche, la majorité des studios en charge du doublage ont arrêté de travailler, donc le doublage des nouveaux films est suspendu.

Les productions, à l’exception des programmes d’information pour la première chaîne, sont également suspendues, d’où un besoin de films à diffuser en remplacement. En particulier, des films et séries déjà diffusés sur notre antenne et donc, déjà doublés. Par exemple : Sous le soleil (1995-2010, 480×52’) / Banijay Rights. Comme la répartition des compétences dans l’équipe est territoriale, mes collègues ont également fait des propositions d’autres séries sur leurs zones. Les décisions seront prises prochainement.»

Beata Rodewald-Mazurkiewicz, Program Buyer, TVP Kultura (Pologne, 31 mars 2020)

« En bref, nous sommes en train de re-programmer notre grille. Ce seront des slots pour les écoliers, donc on change maintenant presque tous les slots. »

Egalement à propos de la télévision publique polonaise:

TVP Launches Virtual Education Channels (www.broadbandtvnews.com, 24/03/2020).

Alice Debrentsova, Consulting Editor of Documentaries Department, et Susanna Zingerman, Head of Documentaries Dept., Kultura TV channel (Russie, 28 mars)

« Notre situation professionnelle a changé graduellement mais, avec un peu de retard sur l’Europe, nous sommes désormais tous en télé-travail. Toutes nos productions domestiques et nos tournages ont été interrompus, et nous devons désormais adapter la diffusion de la chaîne à cette situation et évoluer vers un nouveau format de diffusion.

La situation générale en Russie évolue rapidement, nous ne sommes pas actuellement en confinement total mais le gouvernement pourrait prendre des mesures prochainement.

  • Le confinement en Russie a effectivement débuté le lundi 30 mars.

Sur la réorganisation du département documentaire, il est peu tôt pour faire des prévisions, mais jusqu’à maintenant, les éditeurs travaillent depuis chez eux, le matériel est livré à distance par nos partenaires internationaux et nous continuons à visionner de nouveaux documentaires pour l’avenir.

Concernant les conséquence immédiates de cette crise, outre l’annulation des tournages et des déplacements professionnels, il y a également pour nous, la fluctuation des taux de change qui pourrait affecter nos acquisition de contenu fini…

Pour le moment pas de changement de la ligne éditoriale de la chaîne qui reste dédiée à des thématiques culture, histoire, arts, musique, théâtre, etc., il n’y a pas de programmes d’actualité ou de sport sur Kultura, donc pour le moment, les priorités restent les mêmes….

Nous utilisons beaucoup Screenopsis, ainsi que la screening room du mipdoc. Screenopsis est un outil merveilleux et très utile pour faire des playlists et des sélections de nouveaux titres français, ainsi que, parfois, trouver les coordonnées d’une nouvelle société !

A propos des déplacements professionnels post-crise, il est difficile de prévoir à l’avance, car cela dépend de la situation mondiale et du budget de la chaîne, mais nous espérons que Susanna pourra participer aux marchés organisés en France, et que certains de nos partenaires français seront capables de participer à l’édition automnale du World Content Market à Moscou, si elle a lieu. »

Ndeye Marie Fall, Responsable Développement des chaînes SAVANNAH TV et PASSIONS TV, AlShana (Côte d’Ivoire, 27 mars).

« En Côte d’Ivoire, on a commencé à enregistrer des cas dans la deuxième quinzaine du mois de mars avec des cas en provenance d’Europe et aujourd’hui on compte plus de 90 cas déclarés positifs (cas importés + contact), et, petit à petit, des mesures se profilent, fermeture des écoles, et frontières, aussi bien terrestres et maritime qu’aériennes ; arrêt des déplacement inter urbains ; fermeture des restaurants salle de cinéma spectacle….

Nous continuons à venir au travail (tant que le confinement ne nous est pas imposé par le gouvernement), et nous essayons d’avancer le plus vite possible sur nos plannings, en tentant de prendre au moins 3 à 4 semaines d’avance car on ne sait jamais, d’autres mesures plus restrictives peuvent toujours tomber du jour au lendemain….

En ce qui concerne le report des tournages et des compétitions sportives, Dieu merci sur nos chaînes, on est toujours en mode PAD, pas trop concerné par ces reports, et on ne fait pas encore de production.

Nous pensons reprendre les déplacements professionnels dès la sortie de crise, et ce sera même un impératif.

En ce moment nous utilisons beaucoup Screenopsis / LeGuide car nous avons besoin de contenu, en raison d’unger réaménagement de la grille notamment à destination des ados qui sont à la maison avec la fermeture des écoles. »

Sur la situation actuelle en Côte d’Ivoire : En Côte d’Ivoire, la mise à l’isolement d’Abidjan provoque un retour dans les campagnes (Le Monde, 31/03/2020).

Max Alain Omar Yago, Chef du Service des Programmes, Radiodiffusion Télévision du Burkina Faso (Burkina Faso, 26 mars)

« Pour répondre aux questions, ma situation professionnelle n’a pas du tout changé. Chaque matin, je suis au bureau, où je donne des directives pour la programmation du jour ou des différentes modifications. J’y reste jusqu’après notre journal de 20h00. Ici, nous sommes soumis à un couvre-feu qui va de 19h00 à 5h00 du matin. Les autorités ont octroyé des laissez-passer au personnel de la télévision et aux travailleurs sous astreinte. C’est pourquoi je peux rester dehors jusqu’à 21h00. Mes collègues, réalisateurs, ingénieurs de son et journalistes, qui assurent la réalisation du JT de 20h00 que nous rediffusons à 23h00, ont aussi des laissez-passer.

Pour ce qui est du reste, en dehors des émissions de la journée, toutes celles de la nuit sont arrêtées. Donc nous souffrons du manque de programmes et actuellement nous rediffusons à outrance.

En ce qui concerne le pays, c’est le confinement général avec couvre-feu. Tout le monde rentre à 19h00 et la ville est déserte. Des consignes de sécurité sont données dans tous les services et la plupart des marchés sont fermés. C’est la vie au ralenti.

Nous espérons que cette crise sera rapidement maitrisée pour que nous puissions reprendre nos activités de prospection pour des contenus nouveaux et éducatifs pour nos populations. Les programmes sportifs nous manquent aussi quand on sait la très forte audience que ces contenus génèrent pour les chaînes de télévision. »

Yoann Talhouarne, Attaché audiovisuel régional Nigéria et pays frontaliers (Bénin, Cameroun, Ghana, Nigéria, Togo), depuis Lagos (2 avril) :

« Au Nigéria, les États de Lagos, Ogun et Abuja ont été placés en confinement lundi soir, pour une durée initiale de 14 jours. Une situation très difficile pour de nombreux habitants qui vivent au jour le jour. De nombreux policiers ont été déployés afin de faire respecter cette mesure.Le dernier relevé publié par le Nigeria Centre for Disease Control fait état de 151 cas, ainsi que deux décès.

La propagation du virus a conduit à la suspension de l’ensemble des tournages. C’est le cas notamment de la première série originale commandée par Netflix au Nigéria. Composée de 6 épisodes, sa production avait débuté début mars. Ses auteurs espèrent pouvoir reprendre le tournage fin avril. La première coproduction sino-nigériane, Kambili: the Whole 30 Yards, a en revanche pu être terminée quelques jours avant l’arrêt des activités. Il s’agit du premier long-métrage réalisé dans le cadre de l’accord d’1 million de $ conclu en décembre 2019 entre les sociétés chinoise Huahua Media, et nigériane, FilmOne Entertainment, qui prévoient la production de 8 à 10 films.

Les différents acteurs de Nollywood interrogés font preuve de résilience. Dans une industrie marquée par le profit et la productivité, beaucoup considèrent que cet arrêt est l’occasion de consacrer plus de temps à l’écriture, à la pré-production et à la post-production. Des étapes de production qui sont trop souvent bâclées faute de budget et de temps. Les tournages reprendront aussi vite que possible, idéalement avant le mois de juin, qui est souvent synonyme de ralentissement du rythme des productions. Il est en effet difficile à cette période de pouvoir tourner en extérieur à cause de la saison des pluies.

Les exploitants de salles de cinéma sont également touchés par la pandémie. Ils ont procédé à la fermeture de leur salle il y a plus de deux semaines. Parmi eux, le groupe Vivendi, qui devait ouvrir leur première salle Canal Olympia au Nigéria (à Abuja) dans le courant du mois d’avril, mais dont l’inauguration a été reportée.

Par ailleurs, les principaux groupes de médias audiovisuels continuent de fonctionner, avec un effectif réduit, essentiellement ceux en charge de la production/diffusion. Ils continuent de proposer des productions internes (y compris la rediffusion de programmes diffusés à l’automne) et des programmes qu’ils ont achetés. Les deux groupes que j’ai interrogés (MCL TV et Wazobia) semblent avoir assez de contenus en acquisition pour 2020. Je les ai également prévenus que vous alliez leur envoyer une invitation mi-avril.

Enfin, deux évènements soutenus par ce Poste sont impactés. D’une part, la troisième édition du sommet de la télévision nigériane est reportée. Elle devait avoir lieu à Paris les 3 et 4 avril, juste après le MipTV. Elle devrait être reprogrammé les 16 et 17 octobre, à l’issue du MIPCOM. D’autre part, la seconde édition des journées franco-nigérianes du cinéma, prévue à Lagos les 7 et 8 juillet. Son report n’est pas confirmé pour le moment, mais ces journées ne pourront avoir lieu qu’une fois qu’il y aura eu une reprise effective des activités dans les secteurs français et nigérians du cinéma, afin que cet évènement ait du sens. »

Frédéric Alliod, Attaché audiovisuel régional Asie du Sud-Est continentale (Vietnam, Laos, Birmanie, Thaïlande, Cambodge), depuis Hô Chi Minh Ville (3 avril) :

« Au 3 avril 2020, il y a au Vietnam 233 cas de COVID-19 confirmés dont 85 guéris.
Comme les autres pays de la ma zone de compétence (Birmanie, Cambodge et Laos… et à ma connaissance, à l’exception de la Thaïlande) nous sommes désormais en confinement totale depuis quelques jours (le 1er avril exactement au Vietnam).

Il faut savoir que les premiers cas se sont déclarés dès le mois de janvier et que, juste après les festivités du nouvel an lunaire, les écoles sont restées fermées et toutes nos activités culturelles publiques se sont arrêtées au même moment. Depuis, nous vivons avec des informations au jour le jour : nous espérions une reprise en mars, puis en avril, puis mai… aujourd’hui nous voulons croire à juin mais, étant donné les évolutions récentes, cela semble désormais peu probable.

Confinement total, donc, et frontières fermées depuis quelques temps déjà.
La conséquence immédiate, pour les secteurs du cinéma et de l’audiovisuel, c’est bien sûr l’annulation des tournages, qu’ils soient locaux ou internationaux.

En terme de programmation, pour les chaînes vietnamiennes, l’impact se traduit principalement sur les deux points suivants :

Information. Comme partout dans le monde, la couverture de la crise monopolise l’actualité, journaux télévisés, émissions thématiques et bulletins spéciaux : actualité en directe, relais des décisions et mesures prises par les autorités, directives sanitaires pour les citoyens… et la désormais incontournable chasse aux infos ;

Education. les chaînes sont mobilisées pour pallier à la fermeture des écoles (depuis janvier, donc) avec des cours de 40 à 60 minutes diffusés sur leurs plateformes en ligne (ex.: VTVcab 7, VTVcab 22, Onme, ON, YouTube ON Edu, VTVcab Facebook ) et des émissions thématiques (« Conquering the 2020 Exam » sur la chaîne éducative VTV 7…).

Pour ce qui est du divertissement, outre l’arrêt des tournages, les conséquences sont moindres : les chaînes ont du stock, elles peuvent faire des rediffusions… Au contraire, les vietnamiens étant confinés chez eux, la situation bénéficie plutôt aux fournisseurs de contenus, avec en moyenne une augmentation de 40% de l’audience des chaînes de télévision et de 35% pour les offres de contenus vidéo en ligne, selon Nielsen.

Par conséquent, je ne constate aucune véritable initiative de la part des services OTT – et notamment des plateformes VOD – pour proposer des offres exclusives ou gratuites, comme on a pu le voir par ailleurs en France ou en Europe.

A dire vrai – à ma connaissance tout du moins – la seule initiative en ce sens est celle que je viens de mettre en place avec le distributeur / exploitant cinéma BHD : l’Institut français du Vietnam sponsorise l’accès gratuit et illimité pendant tout le mois d’avril à 12 films français du catalogue de BHD sur leur plateforme SVoD DANET, offre également reprise par l’opérateur FPT : DANET https://danet.vn
FPT Play / FPT Television : https://fptplay.vn/
(Applications également téléchargeables sur Android, iOS et Smart TV)

Offre française sponsorisée par l’IF Vietnam disponible sur DANET

Enfin, je participe le jeudi 9 avril 2020 à une réunion en ligne organisée par l’Asia-Pacific Institute for Broadcasting Development (AIBD: organisation intergouvernementale sous-tutelle de l’UNESCO, basée en Malaisie et dont la France est membre) et qui va réunir des membres de l’organisation (représentants de ministères de l’information et de la communication, d’opérateurs de la télévision publique…), des journalistes, des experts et des représentants de l’UNESCO pour parler justement de la couverture de la crise sanitaire par les médias et des initiatives mises en place pour y faire face. »

Pierre Laburthe, Attaché audiovisuel régional (Inde, Sri Lanka) et Reghu Devaraj, Attaché audiovisuel adjoint, depuis New Delhi (7 avril) :

Sur la situation en Inde :

Inde : quelles méthodes pour confiner 1,3 milliard de personnes ?(www.francetvinfo.fr, 29 mars 2020).

Le verrouillage de l’Inde et de 1,3 milliard d’habitants enclenche une tragédie humaine (www.letemps.ch, 1er avril 2020).

La première constatation est que, comme sur la plupart des territoires concernés par le confinement, le temps passé devant les écrans, ainsi que la part de la télévision payante, ont fortement augmenté, ce que confirme par exemple Kavitha Jaubin, Cluster Head – Content Acquisition & Kids Entertainment / Sun TV Network, qui fait état d’une augmentation des abonnements, notamment à la plateforme Sun NXT.

Les services de streaming en particulier sont les premiers à en bénéficier et se mobilisent pour enrichir leur contenu et proposer, dans certains cas, une offre gratuite :

OTT platforms introduce ‘free window’ for audience during lockdown (indianexpress.com, 1er avril 2020).

Mais selon les premiers retours des acheteurs sollicités sur place, les réseaux ou plateformes indiens, ne sont pas, pour le moment, à la recherche de contenu alternatif international. Ils disposent en effet de catalogues importants, notamment en matière de cinéma national et de patrimoine, et ont plutôt tendance à mettre en avant ce type de contenu. Par exemple, le diffuseur national Doordarshan diffuse deux séries (Ramayana et Mahabharata), adaptation des deux principales épopées de la mythologie hindoue, avec un score de 170 millions de téléspectateurs pour Ramayana, au bout de 4 jours. En revanche des plateformes comme Amazon ou Netflix proposent des nouveautés du cinéma local, avec par exemple sur Amazon, un nouveau film telougou sorti directement sur la plateforme, à défaut d’une sortie en salle.

Merci infiniment à tous pour nous avoir fait partager leurs expériences ! En souhaitant à tous bonne santé, bon courage et bon moral !

A lire également:  

Deal-making enters a new era  (broadcastnow.co.uk, le 25/03/2020).

Exclusive: How are int’l buyers working around Covid-19? Cate Slater, Director of Content at Television New Zealand (TVNZ) (tbivision.com, 30/03/2020).

Exclusive: RTÉ’s Dermot Horan on ‘buying time’ as production slows (tbivision.com, 31/03/2020).

Exclusive: TV2’s Anette Rømer on “business as usual” in Denmark (tbivision.com, 01/04/2020).

TBI Weekly: How buyers are reacting to the Covid-19 crisis (tbivision.com, 03/04/2020).